Faux avis sur internet, une entreprise toujours florissante

Les avis consommateurs influencent de plus en plus les décisions d'achat et pèsent sur l'image d'une entreprise. D'où l'affaire des « faux avis », qui ne semble pas se terminer de sitôt.

Neuf mois de prison et 8 000 euros de dommages et intérêts pour avoir rédigé de faux avis consommateurs sur TripAdvisor: cette affaire remonte à 2015, mais la peine sévère infligée à un Italien en septembre dernier est une première. Il reflète la guerre menée depuis 5 ans, partout dans le monde, contre les « fausses critiques ».

Faux avis sur internet, une entreprise toujours florissante

Les évaluations fictives, qui contribuent à renforcer votre crédibilité numérique, font l'objet de véritables affaires. Si des plateformes comme Tripadvisor, Booking.com, Yelp et Google My business ont ces dernières années renforcé leurs systèmes de modération grâce à des équipes dédiées très actives et des « faux » algorithmes de détection, de nombreuses agences et de nombreux sites proposent encore d'acheter de faux avis.

19 euros pour le faux commentaire

Depuis 2015, le site « Buy-des-Avis.com » vend par exemple des avis Google à 19 euros l'unité, et des avis « pour tous types de sites » – entre 29 et 39 euros l'unité -, donc de, tenez bon, « Gagner en crédibilité ». Si le nom de cette plateforme vous dit quelque chose, ce n'est probablement pas pour rien: il s'agit en fait d'une branche très médiatisée en 2017, et spécialisée dans la vente de faux followers Twitter et de faux fans Facebook (mais bien sûr, le service en question promet qu'ils sont de « vraies » personnes).

Un autre site, plus douteux, « Achat-des-Avis-Positifs.com », propose des avis Google ou TripAdvisor à 9,99 euros chacun, ainsi que des avis sur des sites comme Cdiscount, Airbnb, AliExpress, Amazon, PriceMinister, PixMania et La Redoute. fr. Tout comme les faux fans ou les faux followers qui sont faciles à acheter à bas prix, tous ces faux avis, bien sûr illégaux, sont rédigés par une armée de petites mains, des « click workers » basés dans des « fermes ». clicks « , situé aux Philippines, en Malaisie, en Inde, en Afrique du Sud, en Indonésie, en Colombie et au Mexique. Il est également devenu très facile pour ces services, grâce à des algorithmes, d'automatiser la publication de faux avis en masse.

Selon Le Monde, les agences d'e-réputation (en France notamment) promettent également, mais de manière plus discrète, voire cachée, à leurs clients de publier des « contenus positifs » – en parallèle avec la gestion traditionnelle du référencement et de la présence sur les réseaux sociaux.

Enfin, depuis peu de temps (4 ou 5 ans), des plateformes comme TripAdvisor et Google My Business font donc de leur mieux pour rester crédibles: elles mènent donc une véritable chasse aux faux avis, avec beaucoup d'algorithmes. De son côté, la France a légiféré depuis 2010 pour que les fraudeurs risquent gros en recourant à une « pratique commerciale trompeuse »: deux ans de prison et une amende de 37 500 euros. Des outils existent également pour permettre aux internautes de repérer eux-mêmes les faux avis, comme les sites ReviewMeta et Fakespot, qui utilisent des algorithmes et de l'IA pour analyser la fiabilité des avis entourant un produit proposé à la vente en ligne, mais toute cette bonne volonté suffira-t-elle à arrêter le fausse entreprise d'examen ? « Les lois et les meilleures pratiques peuvent-elles suffire à éradiquer les faux avis de consommateurs ? Pour cela il faudrait que les fraudeurs cessent d'avoir de l'imagination… Cependant, dans le jeu des gendarmes et des voleurs, il est bien connu que les voleurs ont souvent une longueur d'avance « , écrit le vendeur de solutions Cloud pour Diabolocom contact centres, sur son blog. Car oui, TripAdvisor et Co, la tête plongée dans la guerre contre les faux avis, ont tendance à oublier que tout comme Lerna Hydra, pour chaque « ferme à clics » neutralisée, deux nouvelles surgissent probablement presque en même temps.